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Rédiger la préface d'un chansonnier encyclopédique au nom de Brabantia Bruxelliensis est un appréciable honneur. Il permet également l'ironie paradoxale quant au mystère ou la démystification de notre existence, au choix du lecteur, averti ou non, qui en comprendra les prolégomènes.

D'aucuns se sont posés la question de nos origines et surtout des motifs de notre première apparition publique à l'issue de décennies de discrétion absolue, en offrant nos couleurs et notre tenue au plus célèbre des petits Bruxellois en septembre 1990. Pourtant, s'il est vrai que notre anamnèse est très particulière et que nos activités ainsi que notre emblématique intrigue à plus d'un titre au risque de décevoir, nos antécédents sont moins lucifériens ou extrémistes que certains voulurent ou semblent encore le faire croire. Car, plus simplement, à l'époque de notre gestation au début des années soixante, signe du destin ou hasard de l'histoire, nos camarades fondateurs bénéficièrent d'un héritage culturel, ludique et initiatique, issus des anciennes guildes académiques, transmis par des dépositaires soucieux de perpétuer un savoir spécifique qu'ils avaient eux-mêmes reçu des générations passées. Notre Livre de la Loi s'inspire d'ailleurs de cette Connaissance, statutairement légitimée par la première assemblée constituante en 1965.

Et si les remontrances du comité fondateur et de leurs successeurs constituent la Pensée de l'Ordre, c'est en vertu de la prévalence de notre tradition orale, accessible aux seuls initiés, sur l'écrite, mais dans le respect des règles de celle-ci. C'est pour cette raison qu'il a été fixé dans notre Codex l'obligation de nos limites par le refus d'une appartenance quelconque. D'autant plus que l'éthique fondamentale de la Corporation est la tolérance réciproque et l'interprétation individuelle de la liberté de pensée, au sens le plus large du terme.

Dans cet ordre d'idée, nos impétrants sont parrainés sur leurs seules qualités humaine et intellectuelle, et sans a priori philosophique, social, éthique ou politique ; notre but essentiel étant la perpétuation de traditions dans le pluralisme le plus large. Mais comme tout respect de coutumes symboliques implique l'utilisation d'un rituel propre à leur survie, celui-ci ne peut être pratiqué qu'à l'issue d'un écolage initiatique, réservé à une catégorie limitée d'individus, chargés de maintenir et de défendre ces valeurs par la pratique liturgie spécifique. Il n'est dès lors pas étonnant que ce genre d'association provoque parfois de la curiosité, voire de la suspicion.

Pourtant, notre discrétion et filtrage d'adhésion se justifie par un simple souci de quiétude en écartant de candidatures les éternels nostalgiques de toit poil. C'est d'ailleurs dans le but de ridiculiser certains amalgames morbides et de fausses identifications qu'il avait été décidé de porter la dérision en public à un moment déterminé.

Et si nous avons sacrifié une partie de notre anonymat par un choix volontairement frondeur, artificiel et médiatisé, c'est dans la volonté de ramener tout à sa juste valeur, l'essentiel demeurant entre mystagogues.

Néanmoins, si la Brabantia Bruxelliensis se déclare,  en autres, fille de l'ironie, de la zwanze et de la joie estudiantine, elle a la prétention d'être unique en son genre, non seulement par la diversité de toutes ses composantes, membres anciens et étudiants ainsi que son pluralisme académique et culturel, mais surtout par l'esprit qui l'anime. Pourtant, réaffirmons-le en toute modestie, nous ne sommes qu'un cercle ludique, philosophique et initiatique, peut-être élitiste, mais qui ne se prend pas au sérieux, tout en perpétuant une connaissance séculaire qui nous fut confiée.

Ut Semper Vivat, Floreat, Crescat Brabantia Bruxelliensis !

In nominee Rectori Senatus, R .(XX . X . X .)